En mai dernier, l’équipe protestante de Glasgow était encore en course pour réaliser un quadruplé historique. C.I.S Insurance Cup, Scottish Cup, Scottish Premier League et Coupe de l’UEFA. Leur avance était importante sur le Celtic et, en Europe, l’équipe semblait avoir une telle réussite que tous les espoirs étaient permis. Oui, mais voilà, les ‘Gers’ se sont effondrés et finirent derrière le Celtic et s’inclinèrent face au Zénith St.Petersbourg, 2-0. Heureusement, Kris Boyd et Beasley parvinrent à scorer face à Queen of the South (D2) en finale de la Scottish Cup. Ce même Kris Boyd qui avait ,auparavant, inscrit un doublé en finale de la C.I.S Insurance Cup, remportée face à Dundee United aux penalties. Passer si près d’un pareil exploit reste tout de même remarquable. Le calendrier infernal des trois derniers mois a pesé dans les jambes, tous comme les blessures. Au total, les Rangers ont disputé 68 matchs officiels et certains cadres n’ont pas eu le temps de souffler. Weir, Cuellar et Ferguson disputèrent plus de 61 matchs dans la saison !
Trois mois plus tard, les affaires ont totalement changé. L’infirmerie ne désemplit pas, au contraire : Smith, Cuellar, Ferguson, Burke, Beasley et Naismith pointent dans le rayon blessure depuis quelques semaines et certains vont encore manquer longtemps (Ferguson, Burke, Naismith). La préparation estivale est très moyenne avec des victoires à l’arrachée contre les Raith Rovers ou Clyde et une déculottée infligée par les Reds, à Ibrox, 4-0. Le pire intervient ce mardi. Kaunas s’imposa devant les Rangers 2-1 et élimina le finaliste de l’UEFA de toutes les compétitions européennes ! Les supporters, déjà très déçus par le recrutement, grondent, la presse écossaise parle d’un désastre et d’une honte et l’équipe dirigeante doit faire face à un énorme manque à gagner (£10 millions!). Avant d’attaquer la saison de SPL à Falkirk, mille questions se posent et Walter Smith sait qu’il ne devra pas se tromper…

Etat d’esprit, collectif et réussite, voilà les clés de la saison passée…
Un jeu écossais
Le cru 2007/2008 était qualifié d‘irréprochable dans l’attitude, le placement et les contres. Néanmoins, cela s’est d’ailleurs souvent vu dans les matchs importants, la qualité technique et la créativité étaient défectueuses. Hormis Hutton, Ferguson et Darcheville, le reste de l’équipe avait du mal à faire des différences, des décalages, des percées. Malheureusement, le premier cité a rejoint Tottenham en janvier dernier et n’a jamais été remplacé. Sa vitesse, sa solidité défensive et ses ‘rushs’ manquent terriblement à cette équipe, qui n’a désormais plus cette force de percussion. ‘Bazza’, lui, est toujours prépondérant dans le jeu, mais, hélas, il est blessé à sa cheville pour trois mois et en son absence, ce n’est pas la même musique. Enfin, ‘The Rocket’ ne semble plus avoir la totale confiance de Walter Smith qui lui préfère Kenny Miller. En prime, Beasley a rechuté et Burke est toujours blessé. Qui a dit que l’équipe manque de ‘génie’?
Néanmoins, à la technique et la vitesse défaillantes de certains (Adam, McCulloch, Dailly, Boyd…) les ‘Gers’ composèrent avec un sens du sacrifice incroyable et une solidité défensive impressionnante. McGregor fut déterminant dans les cages, et manqua beaucoup en fin de saison à cause d’une blessure. Juste devant lui, le duo Cuellar-Weir fut sans doute le meilleur du championnat. L’espagnol est incontestablement la révélation de l’année pour les ‘Gers’, ayant sauvé son club à d’innombrables reprises. Le vétéran écossais, lui, fut excellent en SPL, moins en Europe ou il oblige son équipe à jouer plus bas. Néanmoins, il fut vital cette saison. Les autres membres de la défense apportent aussi des garanties dans ce secteur, notamment Papac, en plein progrès au niveau technique et athlétique. Broadfoot, baladé un peu de partout, s’affirme aussi comme un joueur ne lâchant rien en dépit d’un talent limité. Puissance, jeu aérien, les qualités de ces défenseurs sont très “écossaises” dans un groupe qui comporte actuellement 16 joueurs sur 29 de son pays.
En somme, cette dernière saison fut tout de même légèrement contrastée. Deux trophées, c’est dans un sens très bien, mais ce sont les deux moins prestigieux. Avoir une défense solide, c’est aussi très utile, mais cela ne ternit pas le jeu de l’équipe à vouloir jouer très bas et sans prendre de risques ? Walter Smith et les siens peuvent tout de même être heureux de leur année, même si elle garde un goût d’inachevée.

Kenny Miller est censé apporter des buts, et ce, assez rapidement, sous peine de connaître l’enfer vis à vis des fans..
Un recrutement raté ?
En dépensant £9 millions pour acquérir Lafferty, Velicka, Bougherra, Miller et Webster, les Rangers misèrent encore sur la prudence. Pas assez de jeu offensif l’an passé ? Trois attaquants sont venus. Velicka, ancien de Hearts, Lafferty, grand gabarit capable de jouer sur les ailes, et Kenny ‘mal-aimé’ Miller. Ce dernier fit l’objet d’une polémique depuis son arrivée. Formé à Hibernian, il rejoint les Rangers avant d’aller à Wolverhampton (ses plus belles années). De retour en Ecosse, au…..Celtic, Kenny embrassait le logo de l’équipe à chacun de ses buts (dans un sens, il ne l’a fait que 7 fois en 33 matchs…). Alors qu’il était en course pour une place de titulaire, il préféra partir à…Derby County ! Toujours autant en réussite (30 matchs - 3 buts), il souhaitait poursuivre en Championship, mais finit l’année sur le banc et déclara que son but était de retourner aux Rangers. Comment être crédible aux yeux des fans ?
Ses trois attaquants complètent un secteur pourtant fourni. Darcheville, Boyd, Cousin, Novo, Naismith, surtout que Smith aime jouer à une seule pointe dans les matchs important. Toutefois, Cousin est sur le départ, Naismith est blessé toute la saison et Boyd est contacté par d’autres clubs. Ces trois arrivées peuvent donc se comprendre, surtout que Lafferty peut jouer sur les ailes et n’a pas 21 ans. Mais est-ce que cela permettra de faire franchir un pallier au club ? Miller et Velicka ne sont pas des joueurs capables de créer et d’être une plus-value au niveau européen, cela s’est vu face à Kaunas, modeste équipe somme toute ! Le doute étant permis sur Lafferty, que les fans réclament avec Boyd sur le terrain, mais ce ne sont pas avec de tels éléments que le club franchira un cap. Pire encore, avec cette non-qualification européenne, une demi-douzaine de joueurs va quitter le navire, parmi lesquels, Cousin et peut être Boyd ! Burke (d’après le daily record) Gow et Webster (pourtant arrivé définitivement cet été!) sont aussi cités parmi les départs…
La morosité est donc de mise à Ibrox ou les fans grondent. Pourquoi ne pas fait un effort financier pour Davis, excellent lors de son prêt l’an passé ? Pourquoi ne pas avoir remplacer encore Alan Hutton ? Pourquoi aucun joueur au profil de perforateur de défense ou de créateur n’est venu ? En blindant l’axe de son équipe, Smith a sans doute fait une erreur cruciale. Beasley et Burke sont les deux seuls vrais ailiers du groupe et sont plus souvent à l’infirmerie que sur le terrain. McCulloch a beau travaillé pour l’équipe et a certes maigri, il reste encore trop lent pour évoluer sur le côté avec efficacité. Mais, que dire de ‘Fat’ Charlie Adam ? Aligné en milieu gauche à Kaunas, sa performance fut assez pitoyable (n’ayons pas peur des mots) et ses kilos en trop débordent toujours. C’est donc avec un effectif plutôt peu complémentaire, aux premiers abords, que les Rangers iront à Falkirk samedi pour l’ouverture de SPL. Trouveront-ils en Novo un milieu droit capable de poser des soucis aux défenses écossaises comme face à Kaunas ? Beasley parviendra-t-il à rejouer sans se blesser et apporter cette vitesse qui manque tant ? Thomson est-il bien le grand joueur annoncé par Smith ? Broadfoot ou Whittaker progresseront-ils techniquement pour faire ‘oublier’ Hutton ? De ces interrogations, plutôt portées sur les ailes, verront sans doute le dénouement de Scottish Premier League et aussi celui du manager qui a emmené l’équipe jusqu’à des endroits impensables l’an passé…